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dimanche 9 novembre 2008

Happy Diwali, Mumbai

Mumbai Mambo Taxi

Un peu la flemme ces derniers jours d'écrire sur le blog... Un petit retour en arrière pour écrire un poil (de main) sur Diwali, et l'excellent week-end a Bombay que j'ai effectue a cette occasion.

Encore une fête religieuse ? me direz vous. Eh bien oui, ici c'est comme ça et pas autrement, l'Inde défend avec succès sa réputation de pays festif.
J'avais déjà parle ici de Ganesh Chaturthi, ou le dieu éléphant est réincarne. Diwali, ou Deepawali en sanskrit, c'est un peu le Noël indien. Ou plutôt le Nouvel An - ce qu'il est vraiment en Inde du Nord, car il coïncide avec la fin du calendrier Vikram. En Inde du Sud, le calendrier est identique au notre, mais cela n'empêche pas les mêmes célébrations colorées (avis aux amateurs de feux d'artifices) et bruyantes (il faut aussi aimer les pétards).

Et pour cause : les indiens se fédèrent tous en ce jour pour fêter la fin d'une période d'ombre ou les dieux sont absents et le mal règne. Deepawali, de "deepa", lumière, et "awali", rangée, c'est le retour de la lumière, un festival manichéen qui a pour origine l'épopée de Ram - une très belle légende que je vous invite a lire, ou du moins a googler, mais que je ne résumerai ici que par quelque mots sous peine d'un pave plutôt indigeste : Ram, le dieu dont la malédiction est d'avoir oublie sa condition, combat et vainc le démon aux dix têtes Ravana qui a enlevé sa femme, Sita.

J'avais quelques appréhensions a accepter l'invitation de mon amie sachant que j'allais débarquer dans la famille juste pour le coup d'envoi du festival. Comment savoir si ma présence n'allait pas être intrusive, si mon regard curieux et gentiment naïf d'européenne n'allait pas déranger ? Et puis j'y suis allée, et j'ai rencontré des gens dont l'immense gentillesse m'a fait regretté d'avoir eu de telles pensées avant tout.

Il y a bien sûr eu la découverte de Mumbai l'hyperactive en compagnie de mon amie et de sa soeur, mais aussi les repas familiaux, ou l'on me regardait d'un coin d'oeil inquiet pour voir si je n'était pas en train de m'étouffer avec les épices (et quant bien même, j'aurais encore accepté plusieurs rations de ces plats succulents et parfumes !...).
Et puis la surprise de me faire participer aux rites de Diwali, serrés a quatre sur un sofa, alignés pour recevoir la pooja maternelle. Puis c'est l'application d'une pâte de bois de santal et d'herbes sur la peau, à enlever sous la douche. Mon amie avait pris le soin de déposer un fruit pas plus gros qu'une prune, une sorte de mini pastèque, à la porte de la salle de bain : à écraser du talon après la douche, il symbolise la défaite du démon écrabouillé par un corps lave de tout péché.
Inutile de préciser que j'étais comme une gamine... Mais je n'étais pas la seule. Je crois qu'un de mes souvenirs préfères est le petit gloussement ravi que la mère de mon amie a laissé échapper, en contemplant le bindi qu'elle venait d'apposer sur mon front, après la pooja matinale. :)

Comme les week-ends sont toujours trop courts (et qu'en l'occurrence mon avion s'était fait annuler, m'obligeant a couper court ma dernière journée...), le retour sur Bangalore a semblé beaucoup trop rapide, même si j'avais les bras chargés de lanternes de papier et l'esprit rempli de bons souvenirs. Mais les feux d'artifices et de bengale m'attendaient a Pinnacle, et j'ai pu observer durant trois jours des pluies de feu et des cartons entiers de belles bleues depuis mon balcon. Et comme c'était bien entendu une bonne occasion d'en faire décoller quelques unes nous mêmes, j'ai rejoint Vincent et Fred sur le toit de leur bâtiment pour participer a la fête.

Happy Diwali Bangalore !


Les photos de Mumbai sont par ici...
Le 14 juillet en octobre, c'est par la...

lundi 15 septembre 2008

Auntie, auntie !

Little Buddha


De jolies rencontres ce week end... Une petite pause loin de Bangalore la grande, Bangalore la sans repit. Les rues de Whitefield emmenent leurs visiteurs en balade bien loin du traffic ininterrompu des grandes arteres ; elles sinuent vers les rizieres et l'Inde rurale, vers ses enfants qui vous adoptent sans autre contrepartie qu'un sourire, et un bout de chemin a partager ensemble.

Pour une fois, les photos en parleront mieux que moi...

dimanche 31 août 2008

Alleluia

Home sweet home


Un mois quasiment jour pour jour apres notre arrivee a Bangalore, je suis enfin... chez moi !!

Les travaux n'ont finalement pas change grand chose. J'ai retrouve mon appartement avec son ballon d'eau chaude casse et les joints du tuyau d'arrivee du gaz faits en bout de ficelle (authentique... "safety mam' !"). La cuisine compte maintenant trois petits placards de plus - dont un qui s'ouvre difficilement, et pour cause, la porte de son voisin se referme au dessus de la sienne... Qu'importe. J'ai pu faire un peu de shopping et m'installer. Faire reparer le ballon d'eau chaude m'a sucre une demi journee de boulot, mon samedi matin, mon samedi soir et mon dimanche matin. Et apres, on me dit que j'ai pas de loisirs... Bein oui m'enfin bon.


S'il y a des curieux, le petit tour du proprietaire, c'est par ici...

samedi 23 août 2008

Il pleut bergere

Y'a des jours comme ca


Je n'ai pas encore parle du climat de Bangalore ici.

La region beneficie d'un climat tempere, probablement grace a l'altitude et le vent - qui peut souffler violemment par moment, rafraichissant de beaucoup les temperatures. Pas de coup de soleil a craindre, car le soleil est present mais somme toute assez passif et souvent grise par les nuages. En pleine ville, abrite du vent, les temperatures peuvent tout de meme monter jusqu'une petite trentaine de degres - mais nous sommes encore tres loin de la canicule etouffante de Bombay ou de la plupart des villes indiennes, et je n'ai pas encore eu a vivre le desagreable sentiment de ne jamais sortir de ma douche ;). Pour resumer, c'est un climat qui reste tout a fait supportable et meme assez agreable.

Evidemment, il faut compter avec les averses de la mousson maintenant bien avancee. Enfin, averses, le terme est peut etre un peu maigre : disons deluges momentanes qui dressent un rideau gris devant vos fenetres, en vous masquant tout horizon, comme un brouillard epais et moite.
Pour l'instant, comme toutes les choses nouvelles, ca m'emerveille plus qu'autre chose... mais il faut avouer que ca n'est pas sans tenir la comparaison avec les jours de grisaille du Nord (en version apocalypse tiedasse...).

Il parait que le pire est encore a venir... le pic de la mousson est pour septembre et le mois le plus chaud, pour avril.


Voir les dernieres photos dans la galerie LANobody "At work"

mercredi 20 août 2008

Bon appetit bien sur

...Tu parles !


Le labyrinthe du mall sous les batiments de l'ITPL ou je travaille regorge de boutiques et de restaurants, au milieu desquels siege le Food Court, un refectoire avec plusieurs comptoirs proposant des plateaux repas sud-asiatiques. Une cuisine ordinaire, pas vraiment dans la dentelle, dans la logique du fast food a larges rations - et a lourde dose d'epices en valeur ajoutee. Ma premiere fois ? Du poulet tikka, et j'avale les morceaux le plus rapidement possible en essayant de ne pas penser a l'incendie de mes papilles. Ma deuxieme fois ? Des nouilles malaysiennes, et j'en pleure a la premiere bouchee. L'exotisme, ca fait mal. Ca fait rire les collegues, aussi. C'est sur, on a pas le meme niveau de tolerance aux epices, meme si nos estomacs se platrent peu a peu (et que nos papilles meurent a petit feu ;)). Une fois passe le premier contact, on apprecie l'explosion de gouts de ces plats riches.

Par contre, oubliez la definition du curry a l'occidentale (j'entend par la le melange ducros tel que vous pouvez vous le procurer dans n'importe quelle superette...). En Inde, le mot "curry" designe un plat en sauce, et "masala" un melange, quel qu'il soit.

Quelques elements pour la preparation d'un curry masala :
- Feuilles de curry
- Curcuma (c'est lui qui donne la couleur jaune)
- Coriande
- Cardamome verte ou noire
- Cannelle en baton
- Fenugrec
- Fenouil
- Clous de girofle
- Muscade
- Anis
- Gingembre en poudre ou en pate (cette derniere parfois mixee avec de l'ail)
- Ail et oignon
- Piments
- Poivre noir et sel

Pour ce qui est du fameux masala chai, la logique est la meme: si la base est un the noir infuse dans moitie d'eau, moitie de lait, additionne d'une bonne dose de sucre, la recette du melange d'epices variera de region en region, de famille en famille ou meme... selon les gouts de la personne qui le prepare.

Une suggestion de masala pour le the, et ses bienfaits selon la medecine ayurvedique :
-Gingembre (contre les coups de froid... quoique en inde... ils pensent peut etre aux infographistes qui travaillent avec une clim a 17 degres toute la journee ?)
- Cardamome (aide la digestion... apres un curry par exemple, c'est pas de refus)
- Tulsi (une sorte de basilic qui aide le corps a etre plus resistant)
- Reglisse (anti inflammatoire pour l'estomac et la gorge)
- Ginseng indien (ici, on l'appelle l'ashwaganda ; il est repute pour etre anti-stress)

Bonne degustation !

samedi 16 août 2008

Avoir six ans a nouveau

P1050104
Big Bull's Temple


Bangalore organise une exposition florale bi-annuellement a l'occasion de ses deux plus grandes fetes nationales, Independance Day (15 Aout) et Republic Day (26 janvier).

Vendredi, c'etait donc pour beaucoup d'indiens l'occasion de passer une partie de leur day-off au Lalbagh Botanical Garden : 15000 visites pour cette journee specifique. Une activite qui n'a pas attires que des bangaloriens natifs d'ailleurs, mais aussi mes compagnons de covoiturage, curieux du spectacle de ces nappes de fleurs colorees. Depart a 8h de chez nous, petit tour dans Bangalore en profitant de la circulation fluide du matin avec un detour par le Big Bull Temple, et pendant qu'ils visitent l'exposition, je demande au chauffeur de me deposer chez un collegue et sa femme, qui m'ont propose de venir prendre le petit dejeuner avec eux.

Vivek et Sai viennent tous deux de Bombay et se sont installes dans un quartier mi-residentiel, mi-commercial de la megalopole. A mon arrivee, les habitants de leur residence sont en train de hisser le drapeau sur la terrasse principale. Sai me presente quelques uns de ses voisins (avec la surprise d'avoir une conversation avec l'une des petites filles presentes dans un francais a l'accent quasiment parfait !) et me tend une barquette avec un samossa et un ladoo (patisserie de semoule sucree), traditionnellement offerts a Independence Day - et tous deux delicieux.
Un avant gout qui precede mon premier petit dejeuner indien : sandwiches de poulet, chapatis fourrees aux legumes pimentes et petites saucisses anglaises. Sai proposera plus tard de preparer un curry de poulet, et tout en ce faisant, elle me montre les differentes epices, me fait decouvrir des ingredients inconnus comme la pate d'ail et de gingembre, et me laisse observer la preparation et la cuisson du plat. Je suis ravie par chaque nouvelle decouverte, ce qui la fait bien rire. J'ai l'impression d'avoir six ans a nouveau en repetant le nom de nouveaux aliments et en essayant de memoriser comment les cuisiner : tout est a reapprendre, meme le fait de manger avec ses mains !
Au final, je passe la journee chez eux a discuter sur la terrasse en buvant le traditionnel masala chai : dieux hindous, rituels, cuisine, culture, vie quotidienne, j'ai l'impression de rattraper mes deux semaines a vivre bon gre mal gre dans ma bulle d'expat. Eux me disent que demenager de Bombay a Bangalore n'a pas ete sans probleme non plus. Les Bangaloriens apprecient peu les gens qui viennent de l'exterieur du Karnakata et ne semblent pas enclins a les accepter facilement.

Sur une note plus legere, j'ai aussi pu retrouver certaines saveurs disparues de mon enfance : l'Inde n'a en effet jamais interdit la consommation de Tang, cette merveilleuse poudre cancerigene a diluer dans l'eau pour obtenir une boisson au gout comme a la couleur bien chimiques... Ah, mes six ans retrouves la encore !

Evidemment, il y a encore eu un "mais" dans cette journee, car avoir six ans a nouveau, c'est aussi avoir une voiture a partager a cinq et un driver qui a probablement recu des consignes pour ne jamais nous laisser seuls en ville (et ne pas nous laisser utiliser nos propres moyens pour nous deplacer). Et ca, ca complique beaucoup la vie... mais c'est une autre histoire.

Lire un article sur le Lalbagh Flower Show
Retrouver les photos dans l'album flickr LANobody "First shots of Bangalore"

dimanche 10 août 2008

Dimanche a Whitefield

Compagnons de route...


Cette apres-midi, balade dominicale dans la rue principale de Whitefield, l'occasion de prendre quelques photos pour vous faire partager la vie de notre quartier. Un quartier qui a encore du mal a conjuguer les enormes tours neuves, aux appartements modernes, avec ses rues poussiereuses et ses echoppes colorees : les habitants scrutent les etrangers avec distance, intrigues par nos teints blafards, nos vetements d'occidentaux et nos manieres qui trahissent notre arrivee recente. Je n'arrive pas encore a me sentir a l'aise lorsque j'ai l'appareil photo en main. Les regards, juste surpris ou curieux en temps normal, deviennent vite circonspects.

Ce pays est etrange. Il y a cette impression de ne pas appartenir a ce monde, de ne pas savoir ce que l'on fait la, au milieu d'un nulle part qui se bat pour exister. Mais justement, cette volonte diffuse, palpable dans chaque regard et chaque geste, nous commande de rester et nous laisse spectateurs, ebahis et captives, d'un nouveau monde en marche.

Je passe mon temps a raler depuis que je suis la. La notion du temps elastique, les emmerdes, les gestes quotidiens qui deviennent des sacerdoces. Et pourtant, je ne me vois pas partir d'ici peu.


Retrouver les photos dans l'album flickr LANobody "An afternoon in Whitefield"

samedi 9 août 2008

Mad Max ?

Si on m'avait dit que j'allais porter le voile a Bangalore...

Glorieuse photo de moi dans les rues de Bangalore... Not quite what I imagined, mais on fait avec, et je vous jure, l'air inquiet n'est du qu'a ma premiere artere a traverser en courant en slalomant entre les tuk-tuk. Comment ca ca vous rassure pas ? ;)


Retrouver les photos de Fred sur l'album flickr Brobbeh "India"