samedi 22 janvier 2011

Le touriste, le voyageur et l'expat


Mais je suis ou la en fait ?


Non non, je ne suis pas morte !

J'ai eu quelques messages a la nouvelle annee qui m'ont fait tres plaisir, et il faut que je m'excuse d'avoir laisser ce blog mourir peu a peu.
La derniere fois que je vous ecrivais, c'etait il y a un an, j'etais en passe de demenager d'Inde, et les messages s'etaient deja rarifies. Pourquoi me demandaient certains ?

He bien c'est simple... au debut de mes peregrinations, j'ai d'abord ete une touriste. Ce blog avait la vocation d'une carte postale reguliere aux amis et a la famille restes en France, avec quelques photos en guise d'amuse gueule, pour partager les paysages et les ambiances. Et puis on se prend au jeu, le blog devient carnet de voyage...
J'avais lu quelque part que le voyageur, contrairement au touriste, ne pense pas au retour. C'est ce que j'ai appris avec l'Inde, car meme si le depart du pays etait accueilli avec excitation, c'etait pour repartir ailleurs, en Australie.
Vous constaterez (ou avez deja constate) que je n'ai poste aucun message de la bas... He bien oui, l'Australie, je l'ai pas visitee, je l'ai vecue.

J'avais deja dit en partant que "bon, c'est pour six mois, mais peut etre que je pourrais etendre mon contrat, m'installer la bas un peu plus..." et puis je suis effectivement arrivee la bas, j'ai emmenage dans un quartier magnifique, achete un canape, et neuf mois sont passes sans les voir.
Au depart, il y avait l'envie de se poser, et puis la vie tranquille, les paysages magnifiques, le soleil et les gens ont fait le reste. Quand on est chez soi, on n'envoie pas de carte postale, et c'etait exactement ce que je ressentais, d'ou la disparition du blog.

Pourquoi reposter maintenant alors ? He bien c'est simple, toutes les bonnes choses ont une fin, et mon contrat en a eu une aussi. Des fois etre expat, c'est chiant... et me revoila repartie pour de nouvelles aventures.

C'est Londres qui m'accueille aujourd'hui et le choc est dur, surtout lorsque l'on part au debut de l'ete de l'hemisphere sud pour se retrouver en plein hiver de l'hemisphere nord.
Le boulot ? Toujours au beau fixe, et heureusement car on ne peut pas en dire autant du temps ici ! Bon, d'accord, j'exagère, il y a aussi de belles journees ensoleillees a Londres (c'est juste qu'on se les pele a en mourir dans ce cas la).
La bonne nouvelle ? C'est que j'ai enfin chasse la flemme avec les bonnes resolutions de 2011, et que j'ai repris le tri de photos (et puis vivre un peu encore dans le soleil et la chaleur grace aux cartes SD, c'est pas mal non plus).

On va essayer de remettre ce blog sur pattes...


Ah et puis, bonne annee hein :).

dimanche 6 décembre 2009

Six (autres) mois passerent

Coupaing


Aurais-je encore battu mon record de silence ?
Il faut bien le croire, avec Noel approchant et mon dernier message datant de... avril ?

Ici, pas de pere noels en mousse ni (trop) de decorations, comme l'annee derniere. J'ai revu Ganesh Chaturthi en septembre, puis Diwali en novembre, dans un flash-back commemoratif un peu deprimant. Un an deja, bientot un an et demi, et la fin du contrat. Il s'est passe beaucoup de choses ces six derniers mois.

La derniere fois que j'ecrivais, je m'etais enfuie de l'Inde vers Singapour. Premiere d'une petite serie d'escapades vers les grandes capitales asiatiques : Hong Kong, Bangkok, puis Tokyo la lointaine, et Taipei dont je n'ai meme pas encore edite les photos. J'ai pris trop de retard pour resumer en un article la beaute de leurs paysages, la force de leurs cultures, l'attrait de leur vie quotidienne. Je suis desesperement amoureuse de l'Asie.

Et pourtant.
Meme si m'installer au Japon pour quelque temps m'a titille l'esprit lorsque je voyais defiler les rizieres sur le chemin de Nikko, meme si les lumieres des hauts buildings de l'ile d'Hong Kong m'eblouissent encore la vue, et meme, si Singapour garde precieusement certains de mes plus beaux souvenirs de cette annee, c'est un tout autre continent qui m'a finalement avalee toute crue.

L'Australie, c'est pour le 4 janvier, et comme on dit... Expat un jour, expat toujours ?

dimanche 19 avril 2009

Escape 2 Singapore

Lost in translation

C'est donc officiel, l'Inde me saoule. Tant pis pour mes beaux discours de rencontrer une autre culture par dessus tout - ou plutot tant mieux, car les pays avoisinants ma plus-si-nouvelle maison offrent de multiples identites culturelles riches et profondes.

Un week-end, j'ai saute dans un avion, direction Singapour. La ville-etat m'a accueilli les bras ouverts pour mon tout premier contact avec l'Asie du Sud-Est. Choc des cultures ? Oui. Moi qui fuyait Bangalore la cite-poubelle et ses habitants que le respect n'etouffe pas, je me retrouve dans la ville la plus propre du monde. Trop, diront certains - n'oublions pas que Singapour n'est pas loin de la dictature, avec ses panneaux d'interdiction a chaque coin de rue et ses lois anti-chewing-gum (et je ne parle meme pas de la censure politique et religieuse). Mais, et les gens ? Incroyablement patients et aimables. Ici pas de bousculade au food court pour passer devant tout le monde en brandissant son billet par dessus l'epaule de ses concitoyens. Pas de baragouinage aggressif pour negocier les prix. Pas de klaxons pour annoncer un doublage en regle avec queue de poisson et u-turn sauvage vers l'autre voie de la route.
Et pourtant, la communaute indienne de Singapour constitue une des trois principales ethnies de l'ile. Ce qui m'avait rappele un message collectif qui nous avait ete distribue sur la mailing-list de notre compagnie, adresse aux residants indiens et appelant aux respects des regles de proprete et d'hygiene: l'auteur y demandait notamment pourquoi les indiens expatries se conformaient aux regles en vigueur une fois a l'etranger, mais n'hesitaient pas a jeter leurs ordures n'importe ou une fois revenus au pays, sans aucun respect pour leur terre natale. Une question pertinente...

Mais revenons en a Singapour. Surprenante s'il en est, la megalopole conserve un cote humain, et un charme discret. Le business district n'est pas le quartier plonge dans l'ombre de ses buildings, mais possede un calme serein avec ses ilots de verdure. Les quais sont une promenade rafraichissante, et les touristes comme les natifs trouvent leur compte dans les nombreux restaurants qui les bordent - quoiqu'il vale mieux se diriger vers les food courts dissemines un peu partout dans l'enorme labyrinthe des malls souterrains, ou directement dans la rue. Les etals y proposent une plethore de plats et de dessert colores et odorants, melange de recettes chinoises et malaisiennes, tous aussi gouteux les uns que les autres.
Ma decouverte preferee ? des petits gateaux de riz farineux, fourres a la cacahuete ou a la noix de coco, que j'ai achete a une vendeuse tres sympathique, bien que peu anglophone, a Chinatown. Un delice...

Miam

Cerise sur le gateau, je suis partie le week end de la nouvelle annee chinoise, a temps pour les festivites et les horoscopes placardes un peu partout, de l'esplanade aux couloirs des centres commerciaux.
Apparemment selon les etoiles je ne vais pas faire fortune cette annee - c'est sur, si je continue de voyager comme ca...
Prochain arret Hong Kong ! :)

Mais en attendant, j'espere vous avoir tente assez pour aller visiter l'album Singapore! sur flickr...

samedi 28 mars 2009

Six mois passerent

Nous interrompons momentanement ce programme...


Eh oui, six mois, bientot sept meme. Et pas de message depuis decembre dernier... a mettre sur le compte de ce que l'on peut appeler "la crise des six mois" peut etre ? :)
Le bilan commence en tout cas a s'eclaircir. Passe la premiere phase ou l'expat foufou court partout dans un etat de curiosite epileptique, passe la deuxieme phase ou l'expat crise et panique, passe la troisieme phase du "ok c'est bon, je m'adapte et je routine", la crise des six mois hisse son drapeau, pose les questions qu'on avait pas eu le temps de se poser depuis car alors trop occupe a decouvrir avec emerveillement (ou criser avec colere sur) les surprises de notre nouvel environnement.

Question numero 1: Qu'est ce que je fous la, au fait ?
Facile (et pourtant, avant la crise des six premiers mois, j'aurais eu du mal a y repondre):
Ouvrir les yeux, rencontrer une culture, decouvrir un nouveau bout de monde. Au final, apprendre, grandir, et mieux se connaitre soi-meme. Je crois que l'Inde est probablement une des meilleures destinations pour cela (mais sans doute pas la plus facile).

Question numero 2: Bon, et j'y reste ou pas ?
Un entretien face a face avec votre boss peut probablement aider a repondre a cette question rhetorique et beaucoup plus difficile que la premiere. Mais c'est surtout la reponse a la question numero 1, quelque soit la votre si vous vous l'etes posee, qui detient la cle de cette enigme. Pour ma part, je regarde calmement l'annee qui m'attend, et je me dis que je continuerai avec plaisir a decouvrir avec emerveillement (et a criser coleriquement, aussi). Et puis apres j'irai me poser ces questions ailleurs, tiens.


Nobody walks in LA reprendra du service bientot, il me reste une tonne de photos a trier ! Au programme, Chennai, Mamallapuram, Goa, et puis Singapour aussi... Stay tuned peeps !

mardi 16 décembre 2008

Un matin en Inde

Ce matin je me suis levee de bonne heure pour aller travailler.

A la terrasse, une radio lointaine melange a l'ambiance matinale des corbeaux et des grenouilles la voix plaintive d'une chanteuse indienne, surgie d'un point invisible dans la jungle de palmiers, la bas tout au fond, derriere les immeubles en construction (qui ne le sont presque plus, d'ailleurs). La melodie des flutes berce le soleil, qui se leve dans une brume grisatre, avec une odeur de fuel et de caillasse.

Des fois, ce pays me parait presque irreel...

mardi 11 novembre 2008

49,3 millions d'euros (ou: soyons un peu corporate, faisons de la pub)




Eh oui, 63,5 millions de dollars au box office pour les trois jours d'ouverture de Mad2. Suite attendue ou crise financiere, en tout cas, ca roule pour JK (on a meme eu un petit dej gratos au boulot, c'est dire ;)).

Et comme je sais que certains d'entre vous sont anti-vo (bouuuuh :p), je vous met aussi la bande annonce en francais. Vous pourrez juger vous memes de la difference...




Sortie le 3 decembre en France... en vf et en vo ;)

dimanche 9 novembre 2008

Happy Diwali, Mumbai

Mumbai Mambo Taxi

Un peu la flemme ces derniers jours d'écrire sur le blog... Un petit retour en arrière pour écrire un poil (de main) sur Diwali, et l'excellent week-end a Bombay que j'ai effectue a cette occasion.

Encore une fête religieuse ? me direz vous. Eh bien oui, ici c'est comme ça et pas autrement, l'Inde défend avec succès sa réputation de pays festif.
J'avais déjà parle ici de Ganesh Chaturthi, ou le dieu éléphant est réincarne. Diwali, ou Deepawali en sanskrit, c'est un peu le Noël indien. Ou plutôt le Nouvel An - ce qu'il est vraiment en Inde du Nord, car il coïncide avec la fin du calendrier Vikram. En Inde du Sud, le calendrier est identique au notre, mais cela n'empêche pas les mêmes célébrations colorées (avis aux amateurs de feux d'artifices) et bruyantes (il faut aussi aimer les pétards).

Et pour cause : les indiens se fédèrent tous en ce jour pour fêter la fin d'une période d'ombre ou les dieux sont absents et le mal règne. Deepawali, de "deepa", lumière, et "awali", rangée, c'est le retour de la lumière, un festival manichéen qui a pour origine l'épopée de Ram - une très belle légende que je vous invite a lire, ou du moins a googler, mais que je ne résumerai ici que par quelque mots sous peine d'un pave plutôt indigeste : Ram, le dieu dont la malédiction est d'avoir oublie sa condition, combat et vainc le démon aux dix têtes Ravana qui a enlevé sa femme, Sita.

J'avais quelques appréhensions a accepter l'invitation de mon amie sachant que j'allais débarquer dans la famille juste pour le coup d'envoi du festival. Comment savoir si ma présence n'allait pas être intrusive, si mon regard curieux et gentiment naïf d'européenne n'allait pas déranger ? Et puis j'y suis allée, et j'ai rencontré des gens dont l'immense gentillesse m'a fait regretté d'avoir eu de telles pensées avant tout.

Il y a bien sûr eu la découverte de Mumbai l'hyperactive en compagnie de mon amie et de sa soeur, mais aussi les repas familiaux, ou l'on me regardait d'un coin d'oeil inquiet pour voir si je n'était pas en train de m'étouffer avec les épices (et quant bien même, j'aurais encore accepté plusieurs rations de ces plats succulents et parfumes !...).
Et puis la surprise de me faire participer aux rites de Diwali, serrés a quatre sur un sofa, alignés pour recevoir la pooja maternelle. Puis c'est l'application d'une pâte de bois de santal et d'herbes sur la peau, à enlever sous la douche. Mon amie avait pris le soin de déposer un fruit pas plus gros qu'une prune, une sorte de mini pastèque, à la porte de la salle de bain : à écraser du talon après la douche, il symbolise la défaite du démon écrabouillé par un corps lave de tout péché.
Inutile de préciser que j'étais comme une gamine... Mais je n'étais pas la seule. Je crois qu'un de mes souvenirs préfères est le petit gloussement ravi que la mère de mon amie a laissé échapper, en contemplant le bindi qu'elle venait d'apposer sur mon front, après la pooja matinale. :)

Comme les week-ends sont toujours trop courts (et qu'en l'occurrence mon avion s'était fait annuler, m'obligeant a couper court ma dernière journée...), le retour sur Bangalore a semblé beaucoup trop rapide, même si j'avais les bras chargés de lanternes de papier et l'esprit rempli de bons souvenirs. Mais les feux d'artifices et de bengale m'attendaient a Pinnacle, et j'ai pu observer durant trois jours des pluies de feu et des cartons entiers de belles bleues depuis mon balcon. Et comme c'était bien entendu une bonne occasion d'en faire décoller quelques unes nous mêmes, j'ai rejoint Vincent et Fred sur le toit de leur bâtiment pour participer a la fête.

Happy Diwali Bangalore !


Les photos de Mumbai sont par ici...
Le 14 juillet en octobre, c'est par la...

dimanche 19 octobre 2008

24h en Kerala, vengeance a l'expat, et un poisson suicidaire

Seul au monde (et heureux ?)

Peu de nouvelles ces derniers temps, et je m'en excuse. Un gros ras le bol, suivi d'un ras le bol encore plus gros, voila a peu pres quel a ete le programme depuis mon dernier message.

Apres moult difficultes pour reserver un billet d'avion vers une plage de sable fin (difficultes qui ont tout de meme ete jusqu'a bloquer ma carte de credit francaise, merci HSBC), me voila qui m'envole pour quatre jours... ou du moins le croyais-je.
Qui l'eut cru, apres un vol neanmoins tres agreable, et quelques heures de folie plus tard, j'appelais eberluee Kingfisher, pour leur demander d'avancer mon avion... au plus tot possible. Avec dans la poche quelques constatations malheureuses.

1. Etre un touriste en Inde veut dire accepter de se retrouver avec un vendeur de paschmina, un vendeur de serpent en bois, un vendeur de tam tam miniatures et une marchande de fruits sur vos talons, a temps complet. Ils attendent a la porte de votre hotel, vous accompagnent sur la plage, entourent votre table au restaurant, plus fideles que Lassie, plus collants que votre creme solaire ecran total.
2. Partir seul est donc en soi deja une mauvaise idee, sauf si vous avez toujours reve d'etre un figurant pour film de zombies.
3. Si en plus d'etre etranger et seul, vous etes par hasard non pas un mais une etrangere seule, attendez vous a ce qu'on vous demande toutes les cinq minutes ou est votre mari (ou a defaut, qu'on vous en propose un).
4. Si avec tous ces defauts accumules vous poussez le vice a porter vos cheveux courts et oser retrousser le bas de votre jean pour tremper vos augustes orteils dans l'ocean, alors la, c'est carrement le drame.

Bref, j'ai tenu 24h. Il faut dire aussi que l'hotel ou je restais, malgre sa vue magnifique, construisait un restaurant a l'etage en dessous de ma chambre. Et que la plage principale subissait un remaniement au bulldozer.
Merveilleuse Inde, zone de construction a l'echelle d'un pays. Mais je veux toujours bien croire a la regle du "mauvais moment, mauvais endroit", meme s'il est clair que je ne partais de toute facon pas avec les meilleurs atouts (et qu'une petite voix dans ma tete s'est souvent demande si je n'avais pas un peu cherche le mauvais moment mauvais endroit en posant volontairement le pied en Inde).

Resultat, un peu deprimee et franchement en colere de ces vacances loupees, j'ai depense mon budget de quatre jours en un massage, une pedicure et un buffet asiatique a volonte, sushis compris, courtesy of the Leela Palace (et sachez qu'un buffet a volonte au Leela, c'est le restaurant entier qui se propose pour des tables dignes des bacchanales). Une vengeance a l'expat donc je ne suis pas tres fiere, mais qui m'a fait un bien fou.

De quoi reattaquer une semaine de boulot, avec en guest stars deux petits poissons argentes pour m'attendre a la maison le soir, pauvrement nommes Riri et Loulou. Il a tres vite semble que Riri et Loulou ne s'entendaient en fait pas tres bien dans leur petit aquarium bulle. Un evenement inconnu amena au suicide regrettable de l'ami Riri, qui se jeta dramatiquement hors de l'aquarium, et que je retrouvais lamentablement asphyxie sur mon parquet au petit matin. Loulou est maintenant choye dans un enorme aquarium cubique ou il apprecie de pouvoir nager tranquillement en solo.
C'est la vie. C'est ma vie en Inde.

Et comme je suis tetue, le week end prochain, je pars a Bombay... mais pas seule !

Voir le bon cote des choses, et mes photos de Kovalam, sur flickr

mardi 7 octobre 2008

Et quand je dis 300, je suis gentille

Lecon #1: se concentrer sur le petit bout de ciel rose. TOUJOURS.


Il y a des jours ou on voudrait etre a 300 km de ce beau pays.

Des jours ou le temps passe lentement, tres lentement, en regardant a defaut d'autre occupation une douzaine d'ouvriers lutter pour mettre en place un poteau (dix qui poussent le poteau jusqu'a le tenir a bout de bras, trois qui tirent la corde desesperement, jusqu'a ce que l'un d'entre eux ait l'eclair de genie de se dire que le ratio n'est peut etre pas tres bon : c'est la logique indienne, on regarde ca mi-amuse, mi-desespere, et dans ces jours precis, avec plus de desespoir que d'amusement. Vous connaissez la blague de "combien faut-il d'ingenieurs pour changer une ampoule..." : c'est un indien qui a du l'inventer).

Alors on se reserve un avion aller-retour vers un farniente escapatoire, une ile, une jungle, un hotel au bord d'une plage de sable fin, n'importe quoi.

Et puis on vous retourne vos beaux reves de cocotiers dans un e-mail automatique de rejet, parce que le nom que vous avez declare pour la reservation, identique a celui de la carte bancaire, n'est en fait pas identique : ah ca, comment ai-je pu decemment penser leur faire croire que "Mrs Machin Truc" est... "Melle Truc Machin". On se le demande.

Y'a vraiment des jours comme ca...

mercredi 17 septembre 2008

Le Conan indien ?






Un peu de culture grand ecran avec ce trailer de Drona, entre Prince of Persia et un nouveau Conan indien : de l'action, des princes sur leur cheval blanc, des sorcieres a demi nues, des voitures (!?), des effets visuels kitschs, du bruitage a gogo et, bien entendu, des danses endiablees sur fond de techno cheap...

Moi je vous dis, en hindi ou pas, je vais le voir !

lundi 15 septembre 2008

Auntie, auntie !

Little Buddha


De jolies rencontres ce week end... Une petite pause loin de Bangalore la grande, Bangalore la sans repit. Les rues de Whitefield emmenent leurs visiteurs en balade bien loin du traffic ininterrompu des grandes arteres ; elles sinuent vers les rizieres et l'Inde rurale, vers ses enfants qui vous adoptent sans autre contrepartie qu'un sourire, et un bout de chemin a partager ensemble.

Pour une fois, les photos en parleront mieux que moi...

mardi 9 septembre 2008

Un elephant qui ne trompe pas

Meme les dieux millenaires fetent toujours leur anniversaire


Mercredi passe, c'etait le coup d'envoi de Ganesh Chaturthi, une fete religieuse dediee comme son nom l'indique a l'elephant prefere des indiens. La veille, les femmes avaient fete sa mere, Parvati ; ce jour precis, les familles se reunissent autour d'une icone du dieu pour feter sa venue au monde. Beaucoup de ces petites statues (ou parfois tres grandes !) fleurissent donc a cette periode dans les rues et les magasins, bariolant les etalages de couleurs flashy, meme si la tradition veut que chaque famille cree sa propre idole en glaise.

Grace aux explications de mon driver, j'ai appris que la journee est alors divisee en plusieurs activites. Le premier acte est la poojah ou priere ; puis la famille se rend dans les marecages pour aller fabriquer l'idole - une tache separee pour les femmes et les hommes (je n'ai pas bien compris si cela faisait partie du rite, ou si c'etait un choix). Une fois sculptee, on effectue des offrandes et de nouvelles prieres. De nombreuses processions ont lieu a la tombee de la nuit; on y promene de grands Ganesh en camion ou en tracteur, precede d'un pretre lui meme accompagne de fideles chantant et dansant sur le son de tambours. Si les prieres sont entendues, la lune ne se montrera pas ce soir.

L'idole restera encore dans le foyer pour quelques jours: 3 a 7 environ, mais toujours en un chiffre impair, pour etre ensuite immergee. A Bangalore, pas de bord de mer ni de riviere, c'est donc les lacs qui recoivent les statues en leur derniere demeure, ou elles sont supposees retourner a leur etat elementaire.

Il y a beaucoup de photos de ces ceremonies d'immersions, et de la maniere dont les Ganesh reviennent flotter a la surface, avant qu'un pretre ou un commis ne les frappe sans vergogne avec un baton pour les faire disparaitre. Je ne suis malheureusement pas sure que la ceremonie ne batte encore son plein quand j'aurais moi meme l'occasion d'aller voir...


Voir les photos dans l'album LANobody "Ganesh Chaturthi"

dimanche 31 août 2008

Alleluia

Home sweet home


Un mois quasiment jour pour jour apres notre arrivee a Bangalore, je suis enfin... chez moi !!

Les travaux n'ont finalement pas change grand chose. J'ai retrouve mon appartement avec son ballon d'eau chaude casse et les joints du tuyau d'arrivee du gaz faits en bout de ficelle (authentique... "safety mam' !"). La cuisine compte maintenant trois petits placards de plus - dont un qui s'ouvre difficilement, et pour cause, la porte de son voisin se referme au dessus de la sienne... Qu'importe. J'ai pu faire un peu de shopping et m'installer. Faire reparer le ballon d'eau chaude m'a sucre une demi journee de boulot, mon samedi matin, mon samedi soir et mon dimanche matin. Et apres, on me dit que j'ai pas de loisirs... Bein oui m'enfin bon.


S'il y a des curieux, le petit tour du proprietaire, c'est par ici...

samedi 23 août 2008

Il pleut bergere

Y'a des jours comme ca


Je n'ai pas encore parle du climat de Bangalore ici.

La region beneficie d'un climat tempere, probablement grace a l'altitude et le vent - qui peut souffler violemment par moment, rafraichissant de beaucoup les temperatures. Pas de coup de soleil a craindre, car le soleil est present mais somme toute assez passif et souvent grise par les nuages. En pleine ville, abrite du vent, les temperatures peuvent tout de meme monter jusqu'une petite trentaine de degres - mais nous sommes encore tres loin de la canicule etouffante de Bombay ou de la plupart des villes indiennes, et je n'ai pas encore eu a vivre le desagreable sentiment de ne jamais sortir de ma douche ;). Pour resumer, c'est un climat qui reste tout a fait supportable et meme assez agreable.

Evidemment, il faut compter avec les averses de la mousson maintenant bien avancee. Enfin, averses, le terme est peut etre un peu maigre : disons deluges momentanes qui dressent un rideau gris devant vos fenetres, en vous masquant tout horizon, comme un brouillard epais et moite.
Pour l'instant, comme toutes les choses nouvelles, ca m'emerveille plus qu'autre chose... mais il faut avouer que ca n'est pas sans tenir la comparaison avec les jours de grisaille du Nord (en version apocalypse tiedasse...).

Il parait que le pire est encore a venir... le pic de la mousson est pour septembre et le mois le plus chaud, pour avril.


Voir les dernieres photos dans la galerie LANobody "At work"

vendredi 22 août 2008

Et les desserts alors ?


Les epices, toujours les epices, mais du cote du sucre alors, qu'est-ce qu'il y a ?

Je vous avais deja parle du ladoo, cette petite boule de semoule sucree ; hier, Jayanti, Ashook et Raul m'ont fait decouvrir le kesar khseera : a prononcer khesarkira (l'orthographe varie de toute facon), cela vient du mot "khesar" qui signifie safran.
Et oui, encore une epice... car cette recette n'est pas vraiment un dessert, mais un plat sucre a base de riz reduit en bouillie mixe avec du lait, du safran et differentes epices dont des clous de girofle, ainsi que quelques raisins. Moi qui deteste les clous de girofle, j'avoue que je n'ai pas senti leur gout tellement le resultat est une pate moelleuse et... terriblement sucree.

J'adore !!



Voir une recette du khesar khseera

mercredi 20 août 2008

Bon appetit bien sur

...Tu parles !


Le labyrinthe du mall sous les batiments de l'ITPL ou je travaille regorge de boutiques et de restaurants, au milieu desquels siege le Food Court, un refectoire avec plusieurs comptoirs proposant des plateaux repas sud-asiatiques. Une cuisine ordinaire, pas vraiment dans la dentelle, dans la logique du fast food a larges rations - et a lourde dose d'epices en valeur ajoutee. Ma premiere fois ? Du poulet tikka, et j'avale les morceaux le plus rapidement possible en essayant de ne pas penser a l'incendie de mes papilles. Ma deuxieme fois ? Des nouilles malaysiennes, et j'en pleure a la premiere bouchee. L'exotisme, ca fait mal. Ca fait rire les collegues, aussi. C'est sur, on a pas le meme niveau de tolerance aux epices, meme si nos estomacs se platrent peu a peu (et que nos papilles meurent a petit feu ;)). Une fois passe le premier contact, on apprecie l'explosion de gouts de ces plats riches.

Par contre, oubliez la definition du curry a l'occidentale (j'entend par la le melange ducros tel que vous pouvez vous le procurer dans n'importe quelle superette...). En Inde, le mot "curry" designe un plat en sauce, et "masala" un melange, quel qu'il soit.

Quelques elements pour la preparation d'un curry masala :
- Feuilles de curry
- Curcuma (c'est lui qui donne la couleur jaune)
- Coriande
- Cardamome verte ou noire
- Cannelle en baton
- Fenugrec
- Fenouil
- Clous de girofle
- Muscade
- Anis
- Gingembre en poudre ou en pate (cette derniere parfois mixee avec de l'ail)
- Ail et oignon
- Piments
- Poivre noir et sel

Pour ce qui est du fameux masala chai, la logique est la meme: si la base est un the noir infuse dans moitie d'eau, moitie de lait, additionne d'une bonne dose de sucre, la recette du melange d'epices variera de region en region, de famille en famille ou meme... selon les gouts de la personne qui le prepare.

Une suggestion de masala pour le the, et ses bienfaits selon la medecine ayurvedique :
-Gingembre (contre les coups de froid... quoique en inde... ils pensent peut etre aux infographistes qui travaillent avec une clim a 17 degres toute la journee ?)
- Cardamome (aide la digestion... apres un curry par exemple, c'est pas de refus)
- Tulsi (une sorte de basilic qui aide le corps a etre plus resistant)
- Reglisse (anti inflammatoire pour l'estomac et la gorge)
- Ginseng indien (ici, on l'appelle l'ashwaganda ; il est repute pour etre anti-stress)

Bonne degustation !

dimanche 17 août 2008

Encore un dimanche

Des fois on tourne en rond, on pete les plombs, et on fait
n'impoooorte quoi....


Troisieme dimanche a Whitefield...
Je viens de passer une heure a rechercher des blogs de gens vivant a Bangalore.
Figurez vous que pour la plupart, leurs derniers messages racontent la fin d'une aventure et ont ete clos entre 2006 et debut 2008.

Quelques explications auxquelles nous avons pense :

- Un complot. ILS ne veulent pas qu'on ait de contact avec l'exterieur (c'est pour ca qu'ils nous interdisent l'acces internet au boulot, meme pour mailer nos collegues aux US).
- Une malediction. La police a clos leur blog en pretextant une mutation en Bretagne, mais personne ne sait ce qu'il leur est vraiment arrive.
- Par superstition locale, il ne peut y avoir que 13 francais en meme temps sur le sol de Bangalore. Comme on est arrives, le gouvernement a vraiment mute les anciens en Bretagne (bon ca marche pas, on est plus que 13 d'accord).
- Personne ne peut survivre trop longtemps a l'engouement indien pour cette invention magnifique du klaxon. Au bout d'un an, les gens partent volontairement elever des chevres en Bretagne.

En tout cas moi, je vais arreter de rechercher d'autres blogs et continuer de lire blogalore, c'est beaucoup plus rassurant ;).

samedi 16 août 2008

Avoir six ans a nouveau

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Big Bull's Temple


Bangalore organise une exposition florale bi-annuellement a l'occasion de ses deux plus grandes fetes nationales, Independance Day (15 Aout) et Republic Day (26 janvier).

Vendredi, c'etait donc pour beaucoup d'indiens l'occasion de passer une partie de leur day-off au Lalbagh Botanical Garden : 15000 visites pour cette journee specifique. Une activite qui n'a pas attires que des bangaloriens natifs d'ailleurs, mais aussi mes compagnons de covoiturage, curieux du spectacle de ces nappes de fleurs colorees. Depart a 8h de chez nous, petit tour dans Bangalore en profitant de la circulation fluide du matin avec un detour par le Big Bull Temple, et pendant qu'ils visitent l'exposition, je demande au chauffeur de me deposer chez un collegue et sa femme, qui m'ont propose de venir prendre le petit dejeuner avec eux.

Vivek et Sai viennent tous deux de Bombay et se sont installes dans un quartier mi-residentiel, mi-commercial de la megalopole. A mon arrivee, les habitants de leur residence sont en train de hisser le drapeau sur la terrasse principale. Sai me presente quelques uns de ses voisins (avec la surprise d'avoir une conversation avec l'une des petites filles presentes dans un francais a l'accent quasiment parfait !) et me tend une barquette avec un samossa et un ladoo (patisserie de semoule sucree), traditionnellement offerts a Independence Day - et tous deux delicieux.
Un avant gout qui precede mon premier petit dejeuner indien : sandwiches de poulet, chapatis fourrees aux legumes pimentes et petites saucisses anglaises. Sai proposera plus tard de preparer un curry de poulet, et tout en ce faisant, elle me montre les differentes epices, me fait decouvrir des ingredients inconnus comme la pate d'ail et de gingembre, et me laisse observer la preparation et la cuisson du plat. Je suis ravie par chaque nouvelle decouverte, ce qui la fait bien rire. J'ai l'impression d'avoir six ans a nouveau en repetant le nom de nouveaux aliments et en essayant de memoriser comment les cuisiner : tout est a reapprendre, meme le fait de manger avec ses mains !
Au final, je passe la journee chez eux a discuter sur la terrasse en buvant le traditionnel masala chai : dieux hindous, rituels, cuisine, culture, vie quotidienne, j'ai l'impression de rattraper mes deux semaines a vivre bon gre mal gre dans ma bulle d'expat. Eux me disent que demenager de Bombay a Bangalore n'a pas ete sans probleme non plus. Les Bangaloriens apprecient peu les gens qui viennent de l'exterieur du Karnakata et ne semblent pas enclins a les accepter facilement.

Sur une note plus legere, j'ai aussi pu retrouver certaines saveurs disparues de mon enfance : l'Inde n'a en effet jamais interdit la consommation de Tang, cette merveilleuse poudre cancerigene a diluer dans l'eau pour obtenir une boisson au gout comme a la couleur bien chimiques... Ah, mes six ans retrouves la encore !

Evidemment, il y a encore eu un "mais" dans cette journee, car avoir six ans a nouveau, c'est aussi avoir une voiture a partager a cinq et un driver qui a probablement recu des consignes pour ne jamais nous laisser seuls en ville (et ne pas nous laisser utiliser nos propres moyens pour nous deplacer). Et ca, ca complique beaucoup la vie... mais c'est une autre histoire.

Lire un article sur le Lalbagh Flower Show
Retrouver les photos dans l'album flickr LANobody "First shots of Bangalore"

dimanche 10 août 2008

Dimanche a Whitefield

Compagnons de route...


Cette apres-midi, balade dominicale dans la rue principale de Whitefield, l'occasion de prendre quelques photos pour vous faire partager la vie de notre quartier. Un quartier qui a encore du mal a conjuguer les enormes tours neuves, aux appartements modernes, avec ses rues poussiereuses et ses echoppes colorees : les habitants scrutent les etrangers avec distance, intrigues par nos teints blafards, nos vetements d'occidentaux et nos manieres qui trahissent notre arrivee recente. Je n'arrive pas encore a me sentir a l'aise lorsque j'ai l'appareil photo en main. Les regards, juste surpris ou curieux en temps normal, deviennent vite circonspects.

Ce pays est etrange. Il y a cette impression de ne pas appartenir a ce monde, de ne pas savoir ce que l'on fait la, au milieu d'un nulle part qui se bat pour exister. Mais justement, cette volonte diffuse, palpable dans chaque regard et chaque geste, nous commande de rester et nous laisse spectateurs, ebahis et captives, d'un nouveau monde en marche.

Je passe mon temps a raler depuis que je suis la. La notion du temps elastique, les emmerdes, les gestes quotidiens qui deviennent des sacerdoces. Et pourtant, je ne me vois pas partir d'ici peu.


Retrouver les photos dans l'album flickr LANobody "An afternoon in Whitefield"

samedi 9 août 2008

Mad Max ?

Si on m'avait dit que j'allais porter le voile a Bangalore...

Glorieuse photo de moi dans les rues de Bangalore... Not quite what I imagined, mais on fait avec, et je vous jure, l'air inquiet n'est du qu'a ma premiere artere a traverser en courant en slalomant entre les tuk-tuk. Comment ca ca vous rassure pas ? ;)


Retrouver les photos de Fred sur l'album flickr Brobbeh "India"